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CSRD, RSE, ESG : le directeur RSE de transition qui sécurise votre reporting extra-financier
En dix-huit mois, la CSRD est passée d'un texte censé s'appliquer à près de 50 000 entreprises européennes à un dispositif recentré, après la réforme dite « Omnibus », sur un périmètre amputé d'environ 80 % selon les travaux parlementaires français ayant examiné la réforme. Si votre entreprise avait lancé un chantier de reporting de durabilité en 2024, il y a de fortes chances que le calendrier, le périmètre applicable ou les normes elles-mêmes aient changé sous vos pieds depuis. Ce n'est pas une raison pour tout arrêter. C'est une raison pour reprendre la main avec méthode, sans sur-investir dans un cadre qui a été réécrit, ni sous-estimer une pression commerciale et financière qui, elle, n'a pas disparu.
CSRD et questionnaires fournisseurs : la fin de la RSE d’affichage
Sous l’effet conjoint de l’entrée en vigueur de la directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) et des audits obligatoires par un Organisme Tiers Indépendant (OTI), la performance extra-financière est désormais soumise aux mêmes exigences de traçabilité que les comptes annuels. Pour les ETI sous-traitantes, l’incapacité à présenter un Bilan Carbone consolidé (Scopes 1, 2 et 3) et une trajectoire de décarbonation auditable ne constitue plus seulement un risque d’image : elle se traduit par un déréférencement immédiat lors des renouvellements d’appels d’offres.
L'erreur du recrutement permanent en phase d'amorçage
Face à l'avalanche des normes européennes ESRS et à la pression des donneurs d’ordre, le réflexe classique d'un Comex est souvent d'ouvrir un poste en CDI. Ce choix se heurte à deux impasses opérationnelles : un délai de chasse moyen de 4 à 6 mois incompatible avec les calendriers réglementaires, et le risque d'embaucher un profil inadapté.
En phase de lancement, l’entreprise n’a pas besoin d'un animateur du quotidien, mais d’un bâtisseur chevronné pendant 6 à 9 mois : un dirigeant capable de dialoguer d’égal à égal avec le Comex, d’aligner la Direction Financière sur les outils de collecte et d’imposer la discipline de mesure dans les usines. Une fois la matrice de double matérialité éprouvée et le premier audit OTI franchi avec succès, la gestion courante peut être confiée en toute sérénité à un responsable RSE permanent ou rattachée à la DAF.
Une réglementation qui a changé trois fois de visage en trois ans
La France a été le premier État membre de l'Union européenne à transposer la directive CSRD, par l'ordonnance n° 2023-1142 du 6 décembre 2023, qui a remplacé l'ancienne Déclaration de Performance Extra-Financière (DPEF) par une obligation de publication d'informations de durabilité intégrée au rapport de gestion. Le dispositif prévoyait une montée en charge en trois vagues : les grandes entités d'intérêt public de plus de 500 salariés en premier lieu — environ 500 entreprises françaises, qui publient leur rapport depuis 2025 sur l'exercice 2024 — puis les grandes entreprises non cotées, puis les PME cotées.
Deux réformes sont ensuite venues rebattre les cartes. D'abord un texte d'urgence, dit « stop the clock », transposé en droit français par la loi du 30 avril 2025, qui a reporté de deux ans l'entrée en vigueur des obligations pour la deuxième et la troisième vague : leurs premiers rapports ne sont désormais attendus qu'en 2028 et 2029. Ensuite, la réforme de fond du paquet « Omnibus », adoptée par le Parlement européen le 16 décembre 2025 et entrée en vigueur le 18 mars 2026, qui a relevé le seuil d'effectifs déclenchant l'obligation de 250 à 1 000 salariés, combiné à un critère financier (chiffre d'affaires ou total de bilan), et sorti purement et simplement les PME cotées du périmètre obligatoire — celles-ci pourront reporter volontairement via un futur standard allégé, le LSME.
Parallèlement, la Commission européenne a mandaté l'EFRAG pour réécrire les normes ESRS elles-mêmes : une réduction substantielle du nombre de points de données obligatoires a déjà été actée, et la commission dispose d'un délai courant jusqu'au 18 septembre 2026 pour publier l'acte délégué définitif fixant la version allégée de ces normes. Une directive voisine, la CSDDD sur le devoir de vigilance, a elle aussi vu son seuil d'application relevé à 5 000 salariés et 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires mondial. Côté français, la transposition complète de ces nouveaux seuils dans le Code de commerce doit intervenir au plus tard le 19 mars 2027 pour le volet CSRD, et le 26 juillet 2028 pour le devoir de vigilance : le cadre national est donc encore, à ce jour, en cours d'ajustement.
Pourquoi « nous ne sommes plus concernés » est le piège le plus coûteux de 2026
Le relèvement des seuils a mécaniquement sorti un grand nombre de PME et d'ETI du périmètre obligatoire de la CSRD. Beaucoup de dirigeants en concluent, à tort, que le sujet est clos. Trois réalités montrent l'inverse.
La pression ne vient plus du régulateur, elle vient de vos clients et de vos banques. L'Omnibus a introduit un principe de plafonnement : une grande entreprise soumise à la CSRD ne peut légalement exiger d'un fournisseur non assujetti que des informations correspondant au standard volontaire VSME, pensé pour rester proportionné aux PME. Mais ce plafond n'empêche en rien la demande elle-même : les services achats des grands groupes, les banques accordant des financements adossés à des critères de durabilité et les acheteurs publics intègrent aujourd'hui des exigences ESG dans leurs décisions, indépendamment du seuil légal de votre entreprise. Le rapport au Président de la République accompagnant l'ordonnance de 2023 le formulait déjà clairement : la réforme répondait avant tout au besoin croissant de données extra-financières exprimé par les institutions financières, les clients et les partenaires sociaux — un besoin que la simplification réglementaire n'a pas éteint.
Un chantier abandonné en cours de route coûte plus cher qu'un chantier bien calibré. Les entreprises ayant engagé une démarche CSRD dès 2024 sous l'ancien référentiel de plus de 1 000 points de données ESRS se retrouvent aujourd'hui face à un choix : abandonner des travaux structurants déjà financés, ou les ajuster intelligemment au nouveau cadre simplifié pour continuer à en tirer une valeur commerciale et financière, même hors obligation légale stricte.
Le périmètre peut de nouveau évoluer. La directive Omnibus intègre une clause de revoyure permettant à l'Union européenne de modifier à nouveau les seuils d'ici 2031. Une entreprise en forte croissance, ou engagée dans une opération de croissance externe qui la ferait franchir le seuil des 1 000 salariés, peut basculer dans le périmètre obligatoire du jour au lendemain.
Ce qui reste juridiquement risqué pour les entreprises encore dans le périmètre
Pour les entreprises toujours soumises à l'obligation — les grandes entités déjà en vague 1, et celles qui franchiront le nouveau seuil de 1 000 salariés — les enjeux de conformité restent réels. Le Code de commerce prévoit un arsenal de sanctions : la non-soumission du rapport de gestion, intégrant sa section durabilité, à l'assemblée générale peut être sanctionnée pénalement de six mois d'emprisonnement et 9 000 euros d'amende, avec un risque de nullité des délibérations prises par l'assemblée. Des informations incomplètes ou inexactes exposent l'entreprise à une procédure d'injonction devant le tribunal de commerce, à la demande de toute partie intéressée. Faire obstacle aux vérifications de l'auditeur en charge de certifier les informations de durabilité constitue, en tant que tel, un délit distinct.
À cela s'ajoute une difficulté opérationnelle : ces entreprises doivent produire leur premier rapport sous un référentiel ESRS dont la version définitive allégée n'est attendue que pour la mi-septembre 2026, tout en respectant le principe de double matérialité — évaluer à la fois l'impact de l'entreprise sur les enjeux de durabilité et l'impact de ces enjeux sur sa performance — et en se préparant à l'audit d'un organisme tiers indépendant.
Le rôle du Directeur RSE de transition : une mission calibrée, pas un poste de plus
C'est un contexte qui appelle rarement un recrutement permanent immédiat, mais presque toujours un pilotage expert et temporaire. Belmont Management déploie, selon la taille et la maturité de votre organisation, un Directeur RSE, un Directeur du Développement Durable ou un Chief Sustainability Officer de transition, intégré à votre Comex avec un mandat d'exécution, en suivant la même méthodologie que sur toute mission critique.
Cadrage stratégique (J0) : avant toute chose, un diagnostic précis de votre situation réelle au regard des seuils actuels — êtes-vous dans le périmètre obligatoire, en sortez-vous, ou risquez-vous d'y entrer avec votre trajectoire de croissance ? — mené en lien avec votre direction financière, dans la même logique que le cadrage stratégique que nous appliquons à toute mission.
Lancement opérationnel (semaines suivantes) : analyse de double matérialité, cartographie des données disponibles et des écarts par rapport au référentiel ESRS simplifié, mise en place d'une gouvernance de la donnée extra-financière avec des rôles et des contrôles clairs — en évitant l'écueil du sur-engagement dans un référentiel déjà obsolète.
Pilotage tripartite (mensuel) : coordination avec l'auditeur tiers indépendant, la direction juridique et la communication financière, et reporting régulier au Comex pour garantir l'alignement avec vos enjeux commerciaux et financiers, selon le même principe d'engagement tripartite qui structure toutes nos missions.
Capitalisation des acquis (M+6) : transfert de la gouvernance mise en place vers un propriétaire interne pérenne — direction financière, qualité ou communication selon votre organisation — pour que le sujet continue à vivre sans nécessiter le maintien d'une fonction dédiée à temps plein lorsque votre taille ne le justifie pas encore. C'est le principe même de notre capitalisation des acquis : notre réussite se mesure à votre autonomie, pas à la durée de la mission.
Pourquoi un manager de transition plutôt qu'un cabinet de conseil RSE
Un cabinet de conseil peut auditer votre maturité ESG et vous remettre une feuille de route. Un Directeur RSE de transition s'intègre à votre gouvernance, porte la responsabilité opérationnelle du dossier au quotidien, arbitre avec vous plutôt que de vous laisser seul face à l'exécution, et reste engagé jusqu'à ce que le dispositif soit réellement opérationnel et audité. C'est la même distinction que nous détaillons dans notre article Manager de transition ou consultant ? — particulièrement pertinente sur un sujet où le cadre réglementaire lui-même continue de bouger.
Sous-traitance industrielle en Auvergne-Rhône-Alpes : la décarbonation comme passeport commercial
Au cœur de la première région industrielle de France, les ETI et PME sous-traitantes d’Auvergne-Rhône-Alpes — qu’il s’agisse de la plasturgie d’Oyonnax, du décolletage de la Vallée de l’Arve, de la métallurgie stéphanoise ou de la chimie du couloir rhodanien — subissent de plein fouet les exigences de décarbonation imposées par les grands donneurs d'ordre régionaux et internationaux (Michelin, bioMérieux, SEB, Renault Trucks, Sanofi).
Les ETI ne font pas de la RSE par simple affichage : elles le font pour conserver leurs marchés auprès des grands donneurs d'ordre de l'automobile, de la pharmacie et de l'énergie. Mobiliser un Directeur RSE de transition Belmont depuis Lyon Part-Dieu, c'est s'assurer d'une présence sur site (usines de l'Ain, de la Loire, de la Savoie ou de l'Isère) pour dialoguer concrètement avec les directeurs d'usine et fiabiliser les données carbone avant l'audit.
Si les dispositifs régionaux et les subventions de l’ADEME Auvergne-Rhône-Alpes apportent un levier de financement déterminant, leur concrétisation sur les lignes de production exige une autorité managériale affirmée.
Implanté au cœur de la métropole lyonnaise à la Tour Part-Dieu et projetable en 48h à 72h sur l’ensemble des sites industriels de la région comme au niveau national, Belmont Management Lyon mobilise des directeurs RSE de transition capables de convertir les contraintes carbone en atout concurrentiel auprès de vos clients.
Questions fréquentes
Mon entreprise est-elle encore concernée par la CSRD en 2026 ? Cela dépend de vos effectifs et de vos données financières au regard des nouveaux seuils issus de l'Omnibus (1 000 salariés, combinés à un critère de chiffre d'affaires ou de bilan), mais aussi de votre position dans une chaîne de valeur : même hors périmètre obligatoire, vous pouvez être sollicité par un client ou un partenaire financier soumis, lui, à l'obligation.
Que risque une entreprise qui ne publie pas son rapport de durabilité alors qu'elle y est tenue ? Le Code de commerce prévoit des sanctions pénales pouvant aller jusqu'à six mois d'emprisonnement et 9 000 euros d'amende en cas de non-soumission du rapport de gestion à l'assemblée générale, ainsi que des procédures d'injonction pour informations incomplètes ou inexactes, et un risque de nullité des délibérations sociales.
Faut-il continuer un projet CSRD lancé avant la réforme Omnibus ? Dans la plupart des cas, oui, mais en le recalibrant : les travaux de collecte de données et de gouvernance déjà réalisés restent utiles, que ce soit pour répondre aux demandes de votre chaîne de valeur ou pour publier volontairement, même hors obligation légale stricte.
Quelle différence entre un Directeur RSE de transition et un cabinet de conseil ? Le cabinet de conseil recommande une feuille de route ; le manager de transition l'exécute, intégré à votre Comex, avec une responsabilité opérationnelle sur le résultat et non sur la seule recommandation.
Combien de temps dure une mission de mise en conformité CSRD/RSE ? Ces missions durent généralement de 6 à 12 mois, le temps de structurer la gouvernance de la donnée, de produire le premier exercice de reporting et de transférer le dispositif à un propriétaire interne pérenne. Voir notre article Coût d'un manager de transition, quel TJM ? pour les ordres de grandeur budgétaires.
Ne laissez pas un cadre réglementaire mouvant dicter votre calendrier
Entre seuils relevés, normes en cours de réécriture et pression commerciale qui, elle, ne faiblit pas, la mise en conformité extra-financière est devenue un sujet d'exécution autant que de veille juridique. Belmont Management mobilise un Directeur RSE de transition, intégré à votre Comex, pour clarifier votre situation réelle, structurer votre reporting sans sur-investir, et sécuriser la confiance de vos clients, de vos banques et de vos actionnaires.